Blasons et provinces de France · 4 min de lecture · Éditions Charlemagne

Une baronnie née au pied des monts, une régente célèbre, puis un comté d’apanage princier : le Beaujolais est bien plus qu’un vignoble. Son blason au lion en garde la mémoire.

Vidéo : Beaujolais

Acheter le blason Beaujolais en pierre reconstituée

Le pays de Beaujou

Au nord de Lyon, entre la Saône et la vallée de la Loire, s’élève un massif de collines et de basses montagnes, les monts du Beaujolais, dont le point culminant est le mont Saint-Rigaud, à un peu plus de mille mètres. Le nom ne vient pas de la ville de Beaujeu, comme on le croit souvent, mais de « Beaujou », dont la dernière syllabe est un mot dialectal qui signifie « mont, colline ». Sur le versant oriental, les coteaux sont voués à la vigne ; le versant ouest, plus boisé, forme le Beaujolais vert.

Une baronnie et ses premiers seigneurs

Le Beaujolais fut d’abord une baronnie. Au IXe siècle, elle appartient à Guillaume Ier, comte du Lyonnais et du Forez, mort en 900. Son fils Bérard est le premier à porter le titre de sire de Beaujeu, qui deviendra le nom de la lignée. Cette première maison s’éteint en 1265 avec Guichard V. Son héritière Isabeau épouse Renaud, comte de Forez, et fonde ainsi une seconde maison de Beaujeu, dont on retient en particulier Édouard Ier, maréchal de France.

Vers 1400, Édouard II cède la baronnie à son oncle Louis II de Bourbon. La seigneurie entre alors dans l’orbite des Bourbons, une famille très proche du trône.

Anne de Beaujeu, régente de France

Un descendant de Louis II, Pierre II de Bourbon, sire de Beaujeu, épouse Anne de France, fille du roi Louis XI. Connue sous le nom d’Anne de Beaujeu, elle devient célèbre : pendant la minorité de son frère Charles VIII, de 1483 à 1491, elle exerce la régence du royaume. Cette période a fait passer le nom de Beaujeu dans la grande histoire de France, bien au-delà des frontières de la province.

Du connétable de Bourbon aux princes d’Orléans

En 1522, le Beaujolais est confisqué au connétable de Bourbon et donné à Louise de Savoie, mère de François Ier. Il est réuni à la couronne en 1531, puis rendu en 1560 par François II à Louis III de Montpensier, héritier du connétable. En 1626, Marie de Montpensier l’apporte en dot à Gaston d’Orléans. Sa fille, la célèbre Grande Mademoiselle, le lègue à Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV. Le Beaujolais, érigé en comté, reste depuis lors dans la maison d’Orléans. Le dernier prince à avoir porté le titre de comte de Beaujolais est Louis Charles d’Orléans, frère du roi Louis-Philippe Ier, né à Paris en 1779 et mort à Malte en 1808.

Au milieu du XVIIIe siècle, la région est aussi le point de départ d’un épisode resté fameux : les premiers méfaits attribués à la « bête du Lyonnais », qui aurait fait une trentaine de victimes entre 1754 et 1756.

Un lion noir sous un lambel rouge

L’écu qui nous occupe montre un lion noir dressé sur un champ d’or, dont la queue se recourbe vers le haut. Au-dessus de lui court une bande rouge terminée par des pendants : c’est le lambel. Ces figures, fréquentes dans l’héraldique médiévale, évoquent la force et la noblesse de la lignée. Le lambel signale d’ordinaire une branche cadette, mais nous ne pouvons affirmer ici, faute de source, laquelle des maisons successives l’a introduit. Ce qu’on retient, c’est la sobriété d’un blason de chevalier, à l’image d’un pays de collines où la tradition seigneuriale a longtemps façonné les paysages et les noms.

Ce blason chez vous

Les Éditions Charlemagne proposent ce blason en pierre reconstituée : fabrication artisanale, peint et patiné à la main, avec un système d’accrochage au dos.

Voir tous les blasons des provinces de France

Pour aller plus loin