Longtemps disputée entre Anjou et royaume de France, la Touraine devint la résidence favorite des rois. Son blason porte les lys de France, cerclés d’une bordure rouge et blanche.
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Le pays des Turones
La Touraine doit son nom aux Turones, peuple gaulois installé sur la Loire, voisin des Andécaves d’Anjou, des Pictons du Poitou, des Bituriges du Berry, des Carnutes et des Cénomans. Les liens avec ces voisins, difficiles mais nécessaires, permettaient de maintenir la vieille voie marchande de l’étain. Le fleuve, qui portait les bateaux, a toujours été l’axe de la région, et Tours en est restée le cœur : c’est là que se trouve le tombeau de saint Martin.
Entre Anjou, Plantagenêts et Capétiens
Au Moyen Âge, la province est d’abord disputée entre les maisons de Blois et d’Anjou. Les comtes d’Anjou, Foulques Nerra en tête, y élèvent de nombreuses forteresses, dont Loches et Langeais. Par la branche des Plantagenêts, la Touraine passe ensuite sous la domination des rois d’Angleterre ; Henri II se montre selon les archives un bienfaiteur, faisant construire des ponts de pierre et consolider les levées de la Loire.
Le conflit avec le roi de France se conclut à l’avantage de Philippe Auguste. Il occupe la province dès 1204, y installe un sénéchal, Guillaume des Roches, et obtient en 1214, par le traité de Chinon, que Jean sans Terre abandonne ses droits. En 1312, la sénéchaussée héréditaire est cédée au roi et la Touraine devient un duché, souvent donné en apanage à un fils de France, comme à Louis Ier d’Anjou en 1360.
Quand la France vivait en Touraine
Après 1440, la Touraine devient presque le siège de la royauté. Charles VII y réside, et fait rédiger les coutumes de la province entre 1453 et 1461. Louis XI aime la région : il habite le château du Plessis-lès-Tours et comble la ville de faveurs. Les Valois y séjournent à leur tour. La Renaissance y laisse Amboise, Azay-le-Rideau, Chenonceau, Chaumont, Ussé ou Villandry, qui s’ajoutent aux vieilles forteresses de Chinon, Loches et Langeais.
On appelle la Touraine le « jardin de la France » depuis la fin du XVe siècle ; une lettre d’un nonce du pape, en 1619, en offre une trace écrite. Après les guerres de Religion, la cour regagne Paris et la province retrouve un visage plus paysan. Le romancier Alfred de Vigny y voyait pourtant le lieu où l’on parle « le plus pur français », le berceau de la langue « près du berceau de la monarchie ».
Un écu de prince du sang
Les armes de la Touraine sont, sur un fond d’azur semé de fleurs de lys d’or, entourées d’une bordure divisée en cases alternées d’argent et de gueules (rouge). C’est bien ce que l’on voit sur l’image : les lys occupent tout le champ bleu, encadrés par cette bordure colorée. Comme le lambel de l’Orléanais, la bordure est une brisure : elle marque un rameau de la famille royale, distinct du roi lui-même.
Certains auteurs rattachent ces armes à Philippe le Hardi, fils du roi Jean le Bon, apanagé de Touraine avant de recevoir la Bourgogne en 1363 ; l’attribution reste à prendre avec prudence, la Touraine ayant été donnée à plusieurs princes. Ce qui est certain, c’est que la province, à plusieurs reprises confiée à des fils de France, portait naturellement des lys, marque de ce lien étroit avec la couronne.
Depuis 1790, la Touraine est répartie entre l’Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher et l’Indre. Ses châteaux, ses vignes de Chinon, de Vouvray ou de Bourgueil et sa douceur de vivre en font toujours l’image d’une France paisible.
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