Blasons et provinces de France · 3 min de lecture · Éditions Charlemagne

Un lion dressé sur fond d’or a flotté sur Bruges, Gand et Lille. Voici l’histoire du comté de Flandre, de l’enlèvement de Judith aux batailles de Bouvines et de Courtrai.

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Baudouin Bras de Fer et la marche du Nord

La Flandre naît d’un scandale devenu fondation. En 862, Baudouin, dit Bras de Fer, un comte proche de la famille royale, enlève Judith, fille du roi Charles le Chauve. L’excommunication qui suit est levée grâce à l’intervention du pape Nicolas, probablement en 864, et c’est vraisemblablement en 866 que Baudouin reçoit une charge en Flandre. Ses descendants feront de ce comté, placé à la frontière nord de la Francie occidentale par le traité de Verdun, une principauté héréditaire.

Face aux Normands, son fils Baudouin II, dit le Chauve, hérisse le pays de forteresses qui servent de refuges à la population. Le comté s’étend peu à peu, en s’appuyant sur le tissage de la laine, source d’un essor économique qui ne cessera de croître.

Vassaux du roi de France

Pendant tout le Moyen Âge, la Flandre reste un fief des rois de France, tout en touchant à l’Empire par l’Escaut. Au XIIe siècle, avec la maison d’Alsace, elle jouit d’une quasi-indépendance : Thierry puis Philippe d’Alsace ménagent les villes et étendent leurs possessions. Bruges devient, au XIIIe siècle, la capitale économique de l’Europe du Nord.

Puis vient le temps des rivalités. Philippe Auguste s’empare de l’Artois et, en 1214, à Bouvines, le comte Ferrand est fait prisonnier et emmené à Paris. Sa femme Jeanne de Constantinople doit démanteler des fortifications pour conserver son comté. Plus tard, Philippe le Bel occupe le comté, mais les communes flamandes battent la chevalerie française près de Courtrai le 11 juillet 1302 : c’est la bataille des Éperons d’or. Le roi reprend l’avantage à Mons-en-Pévèle en août 1304.

Un lion pour emblème

Sur l’écu, on voit un lion dressé, aux griffes et à la langue rouges, sur un fond d’or : les armes de Flandre se blasonnent d’or au lion de sable, armé et lampassé de gueules, et le fauve de notre image apparaît sombre, presque argenté. Les sources consultées ne disent pas à quelle date ce lion est apparu. Elles rappellent en revanche qu’au temps des Dampierre, les partisans du comte se nommaient les klauwaerts, du néerlandais « griffe », en référence à la griffe du lion des armes de cette maison. Face à eux, les léliaerts soutenaient le roi de France, en référence à la fleur de lys.

Des ducs de Bourgogne à la Flandre française

À la mort de Marguerite de Constantinople en 1280, le comté passe à la maison de Dampierre, puis, en 1384, aux ducs de Bourgogne de la maison de Valois. Philippe le Bon et Charles le Téméraire résident à Bruges ou à Gand. Le comté passe ensuite aux Habsbourg par le mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien d’Autriche, puis échoit à Charles Quint, né à Gand en 1500.

Au XVIIe siècle, Louis XIV conquiert une partie de la Flandre, notamment Lille et Dunkerque : c’est l’origine de la Flandre française. Le comté lui-même disparaît en 1795, mais le lion, lui, est resté l’un des signes d’une identité vivante, de Dunkerque à Bruges.

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