Blasons et provinces de France · 3 min de lecture · Éditions Charlemagne

Une croix d'or, aux extrémités ornées de boules, sur un champ rouge : l'emblème des comtes de Toulouse. Il raconte un pays de troubadours, de croisades et de grands chantiers.

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La langue d'oc donne son nom au pays

Le mot Languedoc vient de la langue parlée au Moyen Âge dans le sud de la France : la langue d'oc, où « oc » signifie « oui ». Le nom n'apparaît pas dans les sources avant la dernière décennie du XIIIe siècle et ne devient d'usage courant qu'à la fin du XIVe. Auparavant, le pays avait porté d'autres noms : Narbonnaise, Septimanie sous les Wisigoths, Gothie pour les Francs. Toulouse, ancienne capitale du comté, fut souvent tenue pour la capitale de la province, tandis que Montpellier revendiquait la même distinction.

Les comtes de Toulouse et leur croix

Après avoir chassé les Sarrasins au VIIIe siècle avec Charles Martel, Pépin le Bref et Charlemagne, le pays est dominé par la dynastie des comtes de Toulouse, ducs de Narbonne. Raimond IV, dit Raimond de Saint-Gilles (1042-1115), joint à sa principauté le Rouergue, Nîmes, Narbonne, le Gévaudan, Agde, Béziers et Uzès. Il prend part à la première croisade, à la prise de Jérusalem en 1099, et fonde le comté de Tripoli en 1102.

La croix d'or que l'on voit ici, à branches terminées par des boules, est l'emblème de ces comtes. Son origine exacte demeure incertaine, et plusieurs hypothèses coexistent. Selon les travaux de synthèse consacrés à la croix occitane, elle apparaît dans la seconde moitié du XIIe siècle sur les armes des comtes de Toulouse, et Raimond V l'aurait adoptée vers 1150. En 1211, on la voit sur la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse, comme emblème de Raimond VI. Elle est devenue depuis le signe de tout l'espace occitan.

La croisade et le rattachement au royaume

Au XIIIe siècle, la foi du pays est troublée par l'hérésie cathare, que l'Église combat. Saint Dominique fonde à Toulouse l'ordre des Frères prêcheurs pour ranimer la vraie foi. La croisade prêchée par le pape Innocent III offre au roi de France l'occasion d'étendre son autorité : bataille de Muret en 1213, siège et prise de Toulouse par Simon de Montfort en 1215, chute de Montségur, dernier foyer cathare, en 1244.

En 1229, un traité entre Raymond VII de Toulouse et saint Louis confirme la cession du comté au roi. Alphonse de Poitiers, frère du roi, hérite du comté par son mariage avec Jeanne, fille de Raymond VII. En 1271, à la mort de celle-ci, le comté est réuni au domaine royal par Philippe le Hardi. Naît alors le Languedoc royal, qui gardera jusqu'en 1789 ses coutumes, sa langue et une administration spécifique.

Un pays d'états et de grands chantiers

Le Languedoc était un pays d'états : les États de Languedoc, créés en 1346, se réunissaient pour discuter avec le roi de l'impôt et des affaires de la province. Toulouse accueille le Parlement, créé en 1443, tandis que l'intendant siège à Montpellier.

Entre 1666 et 1688, Pierre-Paul Riquet creuse le canal royal du Languedoc, ou canal du Midi, qui relie Toulouse à Sète. Cette entreprise reste l'une des grandes réussites du siècle de Louis XIV. En 1790, la province donne naissance à l'Ardèche, au Gard, à l'Hérault, à l'Aude, au Tarn, à la Lozère et à une partie de la Haute-Loire et de la Haute-Garonne. La croix d'or sur gueules, elle, n'a pas cessé de flotter sur le Midi.

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