Blasons et provinces de France · 3 min de lecture · Éditions Charlemagne

Un léopard d’or sur champ de gueules : l’écu de la Guyenne évoque le duché d’Aquitaine, sa longue union avec l’Angleterre et son retour à la couronne de France en 1453.

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D’Aquitaine à Guyenne : l’histoire d’un nom

Le nom de Guyenne vient du latin Aquitania, terme employé par Jules César pour désigner la partie de la Gaule comprise entre la Garonne et les Pyrénées. Au fil des siècles, la prononciation a glissé d’Aguiaina à Aguienne, puis à « la Guienne ». La forme française actuelle apparaît pour la première fois en 1259, dans un traité entre Louis IX et Henri III d’Angleterre. Du XIIIe au XVIIIe siècle, c’est ce mot populaire qu’emploient les habitants, tandis qu’« Aquitaine » prend un air savant et archaïque.

Le nom de duché de Guyenne fut donné à l’Aquitaine quand celle-ci fut amoindrie par les conquêtes des souverains français. Il apparaît pour la première fois dans le traité de Paris du 12 avril 1229, conclu entre saint Louis et Raymond VII, comte de Toulouse, qui mettait fin au conflit albigeois.

Le duché sous les Plantagenêts

De 1188 à 1453, la Guyenne fut possession des Plantagenêts, donc des rois d’Angleterre. Ce long attachement explique bien des choses. Un historien a même relevé que « Guyenne ! » et « Saint Georges ! » furent des cris de guerre exprimant l’identité politique du duché anglo-gascon. Bordeaux en était la capitale.

Cette situation fragile mena au conflit. Après la saisie de la Guyenne par Philippe VI, Édouard III, en octobre 1337, « défia » celui qui se disait roi de France et rompit son lien de vassalité : c’est l’un des points de départ de la guerre de Cent Ans. Le duché fut un des grands théâtres de la guerre, avec notamment le siège du château d’Aiguillon en 1346.

Castillon et le retour à la couronne

Le duché fut réuni au domaine du roi de France après la bataille de Castillon, qui mit fin à la guerre de Cent Ans. Louis XI le donna en apanage à son frère Charles de Valois en 1469, et il revint définitivement à la couronne à la mort de celui-ci, en 1472.

Dès 1461, la province devient un gouvernement dont le siège est à Bordeaux et dont le premier gouverneur est Jean de Lescun. C’est alors le plus vaste gouvernement militaire du royaume, environ un huitième du pays, qui rassemble notamment le Bordelais, le Périgord, l’Agenais, le Quercy et le Rouergue. En 1790, il est divisé en départements : Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne, Lot et Aveyron.

Le léopard d’or

L’écu de la Guyenne est simple et fort : sur un champ de gueules, c’est-à-dire rouge, un léopard d’or, c’est-à-dire un lion à la tête vue de face, dont les griffes et la langue sont d’azur. Sur notre image, on voit le fauve d’or, tête de face, marchant sur le fond rouge. Les sources consultées ne précisent pas l’origine exacte de ce meuble ; on le rapproche volontiers de l’époque anglo-gasconne, sans que nous puissions l’affirmer ici.

Aujourd’hui la Guyenne n’a plus d’existence administrative. Son nom survit pourtant dans des associations, des entreprises, des clubs sportifs et dans plusieurs noms de communes, comme Sauveterre-de-Guyenne : la mémoire de l’ancienne Aquitaine continue de vivre.

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