Née de la Vasconie mérovingienne, la Gascogne a vu Roncevaux, les Sanche et Guillaume de Poitiers, avant que Henri IV ne l’unisse à la Couronne.
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Aux origines : la Vasconie des rois mérovingiens
Vers l’an 600, les rois mérovingiens créent dans le sud-ouest de l’Aquitaine un duché de Vasconie. Il s’agit de tenir les Vascons, ces populations établies au sud de la Garonne. Le premier duc connu, Genial, exerce cette charge jusqu’à sa mort en 627. Le duché correspond à peu près à l’ancienne province romaine de Novempopulanie, entre Garonne et Pyrénées. Très vite, ses ducs gagnent une large autonomie : le pays est, de fait, indépendant entre 660 et 770.
Roncevaux et la marche des Pyrénées
Avec les Carolingiens, la Vasconie devient une dépendance du royaume d’Aquitaine. Elle joue un rôle notable face à l’Espagne musulmane et autour de Pampelune, ce qui donne lieu à trois batailles de Roncevaux, dont la plus célèbre est celle de 778, sous Charlemagne. En 781, celui-ci confie le royaume d’Aquitaine, avec la Vasconie, à son fils Louis le Pieux. Les ducs vascons continuent pourtant de contester les représentants carolingiens ; Guillaume de Gellone soumet les Vascons en 790, et ceux-ci fournissent des troupes pour la campagne de Barcelone en 801. En 824, après la troisième bataille de Roncevaux, Eneko Arista devient le premier roi de Pampelune, à l’origine du futur royaume de Navarre.
Des ducs aux comtes : le morcellement féodal
Aux IXe et Xe siècles, les titulaires de comtés rendent leur charge héréditaire et se partagent les pouvoirs ducaux. Du duché naissent ainsi les comtés de Bigorre, de Fézensac, d’Armagnac ou de Comminges, puis des vicomtés comme le Béarn ou le Marsan. Le duc Guillaume Sanche, vers 961, est renommé pour sa victoire sur les Vikings à la bataille de Taller et pour la fondation de l’abbaye de Saint-Sever. Après plusieurs successions, le duché disparaît comme entité politique en 1063 : à La Castelle, le duc d’Aquitaine Guillaume VIII l’emporte sur le comte de Gascogne Bernard II Tumapaler.
Du roi de Navarre au roi de France
La Gascogne n’a pas disparu pour autant, mais elle vit désormais en maisons puissantes : Armagnac, Comminges, Foix-Béarn. Pendant la guerre de Cent Ans, elle se partage entre une Gascogne occidentale autour de Bordeaux, Dax et Bayonne, tournée vers l’Angleterre, et une Gascogne orientale, autour de l’Armagnac et du Bigorre, du côté français. Au XVIe siècle, la maison d’Albret prend une importance majeure, avec Nérac et Pau pour demeures principales. Henri de Navarre, fils de Jeanne d’Albret et d’Antoine de Bourbon, devient Henri IV en août 1589. Autour de 1600, il apporte la plupart de ses fiefs au domaine royal ; le Béarn suivra sous son fils Louis XIII, par l’édit de Pau d’octobre 1620.
Lions et gerbes sur l’écu
Le blason représenté est écartelé : deux quartiers bleus portent chacun un lion noir, deux quartiers rouges une gerbe de blé dorée. Nos sources ne donnent pas l’origine exacte de ces armes ; on n’en tirera donc pas d’explication assurée. On peut simplement constater que le lion, animal des puissants, et la gerbe, image de la terre nourricière, disent bien ce pays de plaines, de coteaux et de barons.
À l’époque moderne, la Gascogne devient un gouvernement militaire du royaume de France. Elle s’efface des cartes politiques, mais pas de la mémoire : par sa langue, ses ducs et ses batailles, elle garde une identité que l’héraldique perpétue.
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