Petit comté devenu l’une des plus puissantes principautés du royaume, l’Anjou a donné naissance à des rois d’Angleterre avant de passer à la couronne de France. Son blason porte les fleurs de lys.
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Des vicomtes d’Angers au titre de comte
Au Xe siècle, quand le royaume carolingien se disloque, l’Anjou naît de l’émancipation progressive des vicomtes d’Angers, d’abord placés sous la tutelle des Robertiens, ancêtres des Capétiens. Foulques Ier est le premier à se dire « comte d’Anjou », dans une charte de 929. Son petit-fils, Geoffroy Grisegonelle, reconnaît en 987 Hugues Capet comme roi de France et meurt cette année-là, en sa compagnie, au siège du château de Marçon.
Foulques Nerra, l’ambitieux et le pèlerin
Son fils, Foulques III, dit Nerra, marque le comté de son empreinte. En 992, il écrase à Conquereuil l’armée bretonne de Conan, puis se tourne vers la Touraine, où il dresse forteresse sur forteresse : Langeais, Montrichard, Montbazon. En 1026, il s’empare de Saumur. Face à lui, les comtes de Blois se dressent sans relâche, et la bataille de Pontlevoy, en 1016, voit le comte d’Anjou grièvement blessé avant que l’arrivée du comte du Maine ne renverse le combat.
Le personnage n’est pas sans ombre. En 1008, il donne asile aux meurtriers d’Hugues de Beauvais, tué sous les yeux du roi Robert le Pieux, et s’attire la menace d’excommunication d’un synode. Pour racheter sa faute, il repart en pèlerinage, après un premier voyage en Terre sainte en 1002. Son fils Geoffroy Martel achèvera après lui la conquête de la Touraine, après sa victoire de Nouy en 1044.
De la Loire à la couronne d’Angleterre
Le 17 juin 1128, au Mans, Geoffroy, fils du comte Foulques V, épouse Mathilde, fille du roi d’Angleterre Henri Ier. Cette union jette les bases de ce que l’on appellera l’Empire Plantagenêt. Geoffroy conquiert la Normandie en une dizaine d’années, et leur fils Henri II devient tout à la fois comte d’Anjou et du Maine, duc de Normandie et d’Aquitaine, et roi d’Angleterre. L’Anjou se trouve ainsi au cœur d’un ensemble qui chevauche la Manche.
Foulques V lui-même avait fini sa vie sur une autre route : il avait pris la croix en 1128 et s’était retiré en Terre sainte, après avoir déjà effectué un pèlerinage à Jérusalem en 1120.
Le retour au domaine royal
En 1202, Philippe Auguste prononce la confiscation des fiefs continentaux de Jean sans Terre. Entraînée par le sénéchal Guillaume des Roches, une majorité de la noblesse angevine se rallie au roi de France, et le comté entre en 1204 dans le domaine royal. Jean sans Terre tente de le reprendre dix ans plus tard, mais il est battu à la Roche-aux-Moines. Par le traité de Paris de 1259, Henri III d’Angleterre renonce à ses prétentions sur l’Anjou.
Saint Louis confie alors l’Anjou à son frère Charles, ce qui fait du comté un apanage pour les cadets de la maison de France. Deux dynasties angevines en naîtront, qui s’étendront jusqu’en Provence, à Naples ou en Hongrie. L’Anjou est érigé en comté-pairie en 1297, puis en duché en 1360.
Les fleurs de lys du blason
Le blason que l’on associe à l’Anjou montre trois fleurs de lys d’or sur fond d’azur, entourées d’une bordure rouge. Les fleurs de lys rappellent le lien avec la couronne de France ; quant à la bordure, elle correspond à l’usage héraldique de distinguer par une brisure les armes d’un cadet de celles du roi, ce qui s’accorde avec la vocation d’apanage que l’Anjou a connue à partir de saint Louis. Les sources consultées ne détaillent toutefois pas la date exacte de la fixation de ces armes.
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