Entre Bretagne, Normandie et Anjou, le Maine fut un comté tampon disputé, avant de rejoindre la Couronne. Son blason fleurdelisé dit cette filiation.
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Un comté sur la frontière
Le comté du Maine apparaît au IXe siècle, à l’époque carolingienne, autour du Mans. Sa position est stratégique : il touche la Bretagne, la Normandie et l’Anjou, et fait figure d’État tampon jusqu’à la fin du Moyen Âge. Les Francs y ont établi une « marche de Bretagne » pour se protéger des Bretons. Le gendre de Charlemagne, Rorgon, y est attesté comme comte en 833 et en 839. Son fils Gauzfrid combat le roi des Bretons Salomon, et participe en 866 à la bataille de Brissarthe contre les Normands, aux côtés de Robert le Fort.
Entre Anjou et Normandie
Au XIe siècle, le comté est un enjeu entre l’Anjou et la Normandie. Le comte Herbert II, sans enfant, désigne dans son testament Guillaume le Conquérant comme successeur ; celui-ci prend le Maine en 1063, après le siège du château de Mayenne. Les Normands le tiennent difficilement : une révolte les chasse en 1070. Élie de Beaugency finit par s’imposer, et sa fille épouse le comte d’Anjou Foulque V, qui récupère le Maine en 1110. Le fils de Foulque, Geoffroy Plantagenêt, transmet le comté à Henri, natif du Mans, qui réunit en 1151 le Maine, l’Anjou et la Normandie, avant de devenir roi d’Angleterre.
Du domaine royal à la couronne de Valois
En 1204, Philippe Auguste s’empare des terres continentales de Jean sans Terre ; le sénéchal Guillaume des Roches prend le Maine pour le roi. Philippe Auguste cède la ville du Mans en échange du douaire de Bérengère de Navarre, veuve de Richard Cœur de Lion, qui la conserve jusqu’à sa mort en 1230 et repose à l’abbaye de l’Épau. Le Maine devient ensuite terre d’apanage. Philippe de Valois, comte d’Anjou et du Maine, réside souvent près du Mans, où naît son fils Jean le Bon ; en devenant roi de France en 1328, il unit définitivement le Maine au domaine royal, et l’érige en comté-pairie en 1331. Après Verneuil (1424), les Anglais occupent le Maine ; ils n’abandonnent Le Mans qu’en 1448.
À la mort de Charles d’Anjou, dernier comte de cette maison, le comté revient à la couronne. Il sert plus tard d’apanage à des princes ; de 1771 à la Révolution, il appartient au comte de Provence, futur Louis XVIII. Il est disloqué en 1790 lors de la création des départements.
Un écu fleurdelisé brisé
Selon les sources, ces armes se blasonnent d’azur semé de fleurs de lys d’or, à la bordure de gueules, chargée au canton dextre d’un lion. Elles apparaissent au XVe siècle et furent utilisées d’abord par Charles IV du Maine, fils du comte Louis II d’Anjou. Elles reprennent les armes d’Anjou, elles-mêmes issues de l’écu fleurdelisé de France, entouré d’une bordure rouge : celle-ci est une brisure destinée à distinguer les armes des comtes d’Anjou, branche cadette des Capétiens. Le lion s’y ajoute comme une « brisure de brisure », qui distingue les armes de Charles IV de celles de son père.
Ce blason a été officiellement adopté en 1961 par le département de la Sarthe. Il rappelle ainsi, sur la terre du Mans, le lien du Maine avec la famille royale.
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