Blasons et provinces de France · 4 min de lecture · Éditions Charlemagne

Ce n’est pas une île, et pourtant elle porte ce nom depuis le XIVe siècle. Voici l’histoire du cœur du royaume et des trois fleurs de lys qui la représentent.

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Une île qui n’en est pas une

Qui cherche une île au cœur du Bassin parisien la cherchera en vain. Plusieurs explications ont été proposées pour ce nom singulier. La première y voit une langue de terre bordée de rivières : la Seine à l’ouest, l’Oise et l’Aisne au nord, la Marne et l’Ourcq au sud et à l’est. Une seconde y voit une déformation de « Liddle Franke », c’est-à-dire la « petite France » en langue franque. Cette région est en effet l’une des terres où les Francs se sont enracinés en Gaule. Le nom d’Île-de-France n’est cependant attesté qu’en 1387, dans les Chroniques de Jean Froissart.

Le rétrécissement du nom de France

Le mot « France » est bien plus ancien. Il apparaît avec les premiers Mérovingiens, au Ve siècle, et désigne au VIe siècle l’ensemble de leurs territoires entre le Rhin et la Loire. À l’époque carolingienne, l’espace ainsi nommé se réduit à ce qui se trouve entre l’Austrasie et la Neustrie ; aux Xe et XIe siècles, il ne recouvre plus que le nord-est de Paris. En 1126, un texte parle de l’abbaye de Saint-Denis « de Francia ». La France, autrefois vaste comme un royaume, est devenue un petit pays autour de la capitale, celui du domaine propre des rois.

Le souvenir en reste dans la toponymie : on dit encore Roissy-en-France, Mareil-en-France ou Tremblay-en-France. Au XVIIIe siècle, quatre-vingts localités portaient encore cette mention.

Le berceau du gothique et des résidences royales

Cette terre fertile, traversée par la Seine, a vu naître l’architecture gothique, avec Notre-Dame de Paris, la basilique de Saint-Denis, l’abbaye de Royaumont ou la Sainte-Chapelle. Elle porte aussi la marque de la monarchie à travers les châteaux de Vincennes, de Fontainebleau, de Vaux-le-Vicomte ou de Versailles. Provins, ancienne ville de foire médiévale, est aujourd’hui inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

Sous l’Ancien Régime, le gouvernement d’Île-de-France est un gouvernement militaire dépendant directement du roi, dont les limites ne coïncidaient pas exactement avec celles de la province. Il s’étendait vers le nord jusqu’au Soissonnais, au Laonnais et au Beauvaisis. Supprimée en 1789 avec la création des départements, l’Île-de-France retrouve un statut officiel avec la région créée en 1976 ; ses habitants sont aujourd’hui appelés les Franciliens.

Trois fleurs de lys, mémoire de la France ancienne

Sur l’écu de l’Île-de-France, trois fleurs de lys d’or sont disposées deux et une sur un fond d’azur. Selon la présentation héraldique habituelle, ce blason est la forme moderne du blason dit « de France ancien », d’azur semé de fleurs de lys. La région étant celle que l’on appelait simplement la France parce qu’elle était le domaine particulier des rois, il est naturel qu’elle porte leurs emblèmes.

On retrouve ces trois fleurs de lys dans le haut des armes de nombreuses « bonnes villes », dont Paris, et dans celles de plusieurs communes franciliennes comme Saint-Denis, Montreuil ou Puteaux. Aujourd’hui encore, ce blason est employé officiellement, par exemple par la région militaire d’Île-de-France. En 2010, la Monnaie de Paris a frappé une pièce de dix euros aux trois fleurs de lys pour représenter la région.

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