Des Gabales de Vercingétorix aux évêques de Mende devenus comtes avec l’accord du roi, le Gévaudan a gardé son originalité. Son blason unit lys et pals rouges et or.
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Le pays des Gabales
Le nom du Gévaudan vient des Gabales, un peuple gaulois voisin des Arvernes, des Vellaves, des Rutènes et des Volques. Selon les sources antiques, ils prirent part à la guerre des Gaules aux côtés de Vercingétorix. Pline l’Ancien signale que leur fromage était très apprécié à Rome. Le pays garde aussi une forte concentration de menhirs et de dolmens, témoins d’un peuplement bien plus ancien.
Saint Privat et la naissance de Mende
Au IIIe siècle, les Alamans envahissent le pays et détruisent la capitale, Gabalum. Les habitants se réfugient dans la forteresse de Grèzes. Pour les en faire sortir, les envahisseurs s’emparent de l’évêque Privat et le martyrisent. Selon Grégoire de Tours, il refuse de livrer son peuple malgré les supplices. Les Alamans finissent par se retirer, et Privat succombe à ses blessures. Son tombeau devient un lieu de pèlerinage, et la ville de Mende, qui deviendra le siège de l’évêché du Gévaudan, se développe autour de lui. La cathédrale de Mende porte encore son nom, avec celui de Notre-Dame.
Plus tard, à l’époque mérovingienne, naît la légende de la princesse Énimie, sœur de Dagobert : atteinte de la lèpre, elle aurait été guérie après s’être baignée, sur l’injonction d’un ange, dans la fontaine de Burle. Elle fonda un monastère sur les rives du Tarn, à l’origine de Sainte-Enimie. Charlemagne, quant à lui, organise le pays en pagus, le « pays gabale ».
Un pays partagé entre l’évêque et le roi
Au XIIe siècle, l’évêque de Mende Aldebert III du Tournel obtient les droits temporels sur Mende, et le roi Louis VII lui accorde en 1161 une bulle d’or qui les étend à tout le diocèse. Louis IX, saint Louis, la confirme en 1257. Les sénéchaux de Beaucaire n’en font pas moins reconnaître l’autorité royale. En février 1307, Philippe le Bel et l’évêque Guillaume Durand concluent un traité de pariage : le Gévaudan est érigé en comté, et l’évêque et ses successeurs peuvent porter le titre de « comte de Gévaudan ». Le territoire se répartit entre les terres du roi, dont la ville principale est Marvejols, celles de l’évêque, autour de Mende, et des terres communes, jugées par une cour commune. Cet accord fait durablement du Gévaudan une sorte de principauté ecclésiastique, jusqu’à la Révolution.
Le pays comptait huit baronnies, dont Mercœur, Apcher, Peyre, Randon, Canilhac, Le Tournel et Florac. Une légende raconte qu’un jeune berger mendois, devenu confident du roi de Hongrie, aurait épousé sa fille et donné naissance aux familles qui fondèrent ces baronnies. Il s’agit d’une légende. La Révolution fait du Gévaudan le noyau du département de la Lozère.
Fleurs de lys et pals
Le blason est parti : d’un côté, des fleurs de lys d’or sur fond bleu ; de l’autre, des pals rouges et or. On peut y lire, sans que nos sources le disent expressément, la double histoire du pays. Les lys rappellent le roi de France, associé à l’évêque par le pariage de 1307. Les pals rouges et or évoquent les comtes de Barcelone et les rois d’Aragon, à qui échut la vicomté de Gévaudan par le mariage de Douce de Provence avec Raymond-Bérenger III. Cette lecture reste une interprétation, mais elle s’accorde bien avec les faits que nous venons de raconter, et fait du Gévaudan une terre située entre le royaume et le Midi.
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