Primatiale des Gaules, deuxième capitale du royaume à la Renaissance : Lyon et sa province ont un blason simple, un lion d’argent sous trois fleurs de lys d’or.
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Aux confins de l’Empire
Le Lyonnais est une ancienne province du centre-est de la France, organisée autour de la ville de Lyon. Elle comprenait trois ensembles : le Plat pays de Lyonnais, la ville de Lyon elle-même et le Franc-Lyonnais, voisins du Beaujolais et du Forez. Pendant longtemps, ce pays de la Saône et du Rhône relève du Saint-Empire : il y est rattaché en 1032, à l’extinction du royaume de Bourgogne, et les rois de France ne s’y imposent que lentement.
Lyon tire pourtant de son passé chrétien une place à part. En 1079, le pape Grégoire VII accorde à l’archevêque de Lyon le titre de primat des Gaules, qui lui donne préséance sur les autres archevêques du pays. L’Église de Lyon a aussi conservé jusqu’à nos jours son propre rite, dit rite lyonnais.
1312 : le roi de France s’installe
C’est le traité de Vienne, en 1312, qui rattache le Lyonnais au royaume de France sous Philippe le Bel. Cette intégration se fait par étapes, et l’on situe vers 1320 la charte municipale que le roi accorde à la ville. Commence alors une ère de prospérité. Au début du XVIe siècle, Lyon est regardée comme la seconde capitale du royaume, grâce à ses foires et à son essor culturel et économique.
La ville connaît aussi les épreuves de son temps : en 1562, elle est le théâtre de violences pendant les guerres de Religion, entre catholiques et protestants. En 1793, elle soutient un siège que ses armes rappelleront plus tard par une épée dans la patte du lion, ajoutée en 1819.
Le lion, puis les lys
Le blason est l’un des plus lisibles qui soient : de gueules (rouge) au lion d’argent, avec un chef d’azur portant trois fleurs de lys d’or. C’est ce que montre l’image. Le lion, selon les armoristes, remonte aux comtes de Lyon, qui l’auraient adopté au Xe siècle sur fond rouge ; il est resté depuis le signe de la ville. Le chef d’azur aux lys, lui, est un ajout royal : on l’attache à la protection du roi de France sur la cité, à l’époque où Philippe IV lui accorde sa charte, vers 1320.
Ce chef de France a changé avec le temps. En 1376, les armes royales sont réduites à trois fleurs de lys, et celles de Lyon les suivent. Sous Napoléon, en 1809, les lys cèdent la place à trois abeilles, emblème de l’Empire ; ils reviennent à la Restauration, et le dessin classique du lion et des lys est rétabli en 1859. Le blason est ainsi comme une chronique en miniature : la force locale, le lion, placée sous la protection de la couronne.
Le Lyonnais garde aujourd’hui son unité dans les noms, dans les monts du Lyonnais, dans la cuisine et dans son dialecte francoprovençal. Il n’existe plus comme province depuis la Révolution, mais l’écu au lion demeure celui de sa capitale.
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