Blasons et provinces de France · 4 min de lecture · Éditions Charlemagne

Des bandes d’or et d’azur cernées de rouge : le blason du Nivernais évoque un comté au cœur de la France, des croisades aux ducs Gonzague et Mancini.

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Une marche entre Aquitaine et Bourgogne

Au cœur de la France, entre l’Orléanais au nord, le Bourbonnais au sud, le Berry à l’ouest et la Bourgogne à l’est, le Nivernais a Nevers pour ville principale. Sous les Gaulois, il appartenait en grande partie au peuple éduen. Au IXe siècle, Louis le Débonnaire donne ce territoire à son fils Pépin, roi d’Aquitaine, et il devient un comté particulier.

Le comté de Nevers naît approximativement au début du Xe siècle, d’abord comme marche militaire entre l’Aquitaine et la Bourgogne. Il est un temps associé au duché de Bourgogne voisin. Après 990, des comtes s’installent de façon héréditaire. En 1032, le comté est joint à celui d’Auxerre, et son premier titulaire est Renaud Ier de Nevers.

Des croisades aux ducs de Nivernais

Les comtes de Nevers et leurs vassaux, les Courtenay, les Châtillon, les Forez ou les Donzy, se distinguent pendant les croisades. Yolande de Châtillon, héritière du comté, accompagne son époux à la septième croisade. Il en reste des noms de lieux, comme le faubourg de Bethléem à Clamecy.

Au XIVe siècle, Nevers passe sous la domination des comtes de Flandre, puis devient possession de Philippe II le Hardi, duc de Bourgogne. Son plus jeune fils, Philippe de Bourgogne, reçoit le comté de Nevers, qui passe après sa mort à une branche cadette des ducs de Clèves. À partir de 1521, les seigneurs de Nevers sont appelés ducs de Nivernais. Le duché est érigé en 1538, précisent nos sources. Fait remarquable : le Nivernais n’a jamais été inclus dans le domaine royal.

Gonzague, Mazarin et deux reines de Pologne

En 1565-1566, Henriette de Clèves, héritière du duché, épouse Louis de Gonzague, fils cadet du duc de Mantoue. Ensemble, ils comptent parmi les premiers noms de la noblesse française après les princes du sang. Lourdement endettés pour tenir leur rang, restés catholiques pendant les guerres de Religion, ils demeurent fidèles au roi. Leur fils Charles hérite du duché italien de Mantoue et fait prévaloir ses droits, avec le soutien de Louis XIII, dans la guerre de Succession de Mantoue. Deux Nivernaises, Louise-Marie de Gonzague puis Marie-Casimire de La Grange d’Arquien, deviennent par mariage reines de Pologne.

Plus tard, le cardinal Mazarin obtient de Louis XIV le transfert du duché à son neveu Philippe de la famille Mancini. La seigneurie survit jusqu’à la Révolution, et le dernier duc, Louis-Jules Mancini-Mazarini, meurt de mort naturelle en 1798, après avoir perdu son titre.

Lire les bandes d’or et d’azur

L’écu montre des bandes obliques alternées d’or et d’azur, cernées d’une bordure rouge à lobes arrondis. D’après un armorial consulté, le blason de la Nièvre se dit « bandé d’or et d’azur, à la bordure engrêlée de gueules ». Ce dessin rappelle celui de l’ancien duché de Bourgogne, bandé d’or et d’azur à la bordure de gueules, ce qui s’accorde avec les liens entre Nevers et les princes de Bourgogne. Les armes propres aux comtes de Nevers ont, elles, varié au fil des dynasties : la première maison portait, d’après un armorial, un lion sur fond d’azur semé de billettes d’or.

Le Nivernais formait aussi une province dotée de ses usages propres : sa coutume était écrite, et ses appels se jugeaient devant les Grands Jours, institués en 1329 par le duc Louis II. Aujourd’hui, l’ancienne province forme la majeure partie du département de la Nièvre.

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