Un peuple germanique, une dynastie capétienne puis les puissants ducs Valois : la Bourgogne a connu un destin hors du commun. Son blason écartelé en garde la mémoire.
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Des Burgondes au duché
Le nom de la Bourgogne vient des Burgondes, un peuple germanique installé en 411 dans l’Empire romain, d’abord autour de Worms, sur le Rhin, puis plus au sud, dans le Jura, les pays de la Saône et les Alpes. Vers l’an 500, leur roi Gondebaud fait rédiger la loi des Burgondes, restée connue sous le nom de « loi Gombette ». C’est de cette cour que vient Clotilde, l’épouse de Clovis. Le royaume burgonde est cependant conquis en 534 par un fils de Clovis et devient l’un des royaumes que se disputent les Mérovingiens.
Après le partage de Verdun, en 843, l’ancien royaume est coupé en deux. Sa partie occidentale devient peu à peu le duché de Bourgogne, tandis que la partie orientale donnera naissance au comté de Bourgogne, la future Franche-Comté. Vers 918, Richard le Justicier, qui règne sur Autun, Nevers et Auxerre, est le premier à porter le titre de duc. Il compte parmi les six pairs laïcs primitifs du royaume.
Une branche des Capétiens à Dijon
Après les Bosonides puis les Robertiens, le roi Robert II le Pieux remporte en 1005 la guerre de succession qui l’oppose à un prétendant local. En 1016, il donne le duché à son deuxième fils, Henri. Quand celui-ci devient à son tour roi associé, le duché revient à son frère Robert, dont la descendance forme la première maison capétienne de Bourgogne. Cette branche s’éteint en 1361 ; le duché retourne alors au domaine royal, mais pour peu de temps.
Les grands ducs de Valois
En 1363, le roi Jean le Bon donne la Bourgogne à son fils cadet Philippe, dit le Hardi, qui en prend possession en 1364. Son mariage avec Marguerite de Flandre ouvre la voie à un immense héritage : Flandre, comté de Bourgogne, Nevers, Rethel. Ses successeurs, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire, étendent encore cet « État bourguignon » jusqu’aux Pays-Bas.
Ces princes sont aussi de grands mécènes. On leur doit, entre autres, les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur, la tour Philippe-le-Bon à Dijon et, sous le règne de Philippe le Bon, l’Hôtel-Dieu de Beaune fondé par le chancelier Nicolas Rolin. En 1430, à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal, Philippe le Bon crée l’ordre de la Toison d’or.
Leur histoire est aussi mêlée à celle du royaume. Régent pendant la minorité puis la folie de Charles VI, Philippe le Hardi pèse sur les affaires de France. En 1407, Jean sans Peur fait assassiner Louis d’Orléans, ce qui déclenche la guerre entre Bourguignons et Armagnacs ; lui-même est tué en 1419 sur le pont de Montereau lors d’une entrevue avec le dauphin. La paix revient avec le traité d’Arras, en 1435.
La chute de Charles le Téméraire
Charles le Téméraire rêve de relier ses terres du nord à celles du sud et d’obtenir une couronne. Ses ambitions le heurtent à Louis XI, aux Suisses, vainqueurs à Grandson et à Morat, et au duc de Lorraine. Il meurt devant Nancy en janvier 1477. Louis XI fait aussitôt occuper le duché ; sa fille Marie de Bourgogne épouse Maximilien d’Autriche en août 1477, et le duché est incorporé au domaine royal, ce que confirme le traité de Senlis en 1493. La Bourgogne devient dès lors une province du royaume, avec Dijon pour capitale.
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Notre écu est écartelé. Dans deux quartiers, des fleurs de lys d’or se détachent sur un fond bleu, entourées d’une bordure alternant le blanc et le rouge. Dans les deux autres, des bandes d’or et d’azur sont cernées d’une bordure rouge. Les héraldistes désignent ces figures sous les noms de « Bourgogne moderne », qui rappelle les ducs de la maison de Valois à partir de 1363, et de « Bourgogne ancien », attaché à la première maison capétienne. Les lys disent le lien du duché avec la couronne de France ; les bandes en rappellent la plus ancienne histoire. Un même bouclier réunit ainsi plusieurs siècles de mémoire bourguignonne.
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